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C'est un petit animal agile et très rapide, à la robe brunâtre et à la face plutôt grise, qui atteint à l'âge adulte des tailles variant selon les individus, de 57 à 67 cm de hauteur au garrot pour les femelles et de 62 à 72 cm de hauteur au garrot pour les mâles, avec une longueur du corps de 90 à 105 cm pour les femelles et de 105 à 120 cm de long pour les mâles. Leurs poids varie 10 à 20 kg pour les femelles contre 15 à 30 kg pour les mâles. Ils peuvent vivre jusqu'à 15 ans.

À âge égal, le mâle pèse 2 à 3 kg de plus que la femelle. De par sa taille, il est considéré comme le plus petit cervidé indigène d'Europe.

Il porte des bois caducs (qui tombent chaque année) et plutôt courts. Le chevreuil est dit anoure (c'est-à-dire sans queue) et artiodactyle (il marche sur un nombre pair de doigts porteurs, à chaque membre).

 

Morphologie

Pelage : celui du faon est tacheté durant deux mois, les taches sont alignées contrairement à celles du faon de cerf. Le chevreuil subit deux mues par an, au printemps (le pelage devient roux vif) et en automne (le pelage vire au gris-brun), avec une mue plus précoce chez les jeunes. En hiver, certains chevreuils ont la base du cou ornée d'une ou deux taches claires, dites serviette.
La tache claire et érectile qui orne le fessier est dite miroir ou rose ; d'un blanc pur en hiver, elle devient jaunâtre en été.

 

Dimorphisme sexuel : le brocard a un corps plus trapézoïdal, au centre de gravité porté vers l’avant. Hormis en novembre-décembre, ses refaits et ses bois le distinguent de la femelle. En hiver, son miroir en forme de rein ou de haricot (alors que celui de la femelle a une forme de cœur) le distingue, de même que son pinceau pénien (de profil). La chevrette a un centre de gravité porté vers l'arrière et ne porte pas de bois.

 

L'âge est déterminé par l'observation des dents de la mâchoire inférieure :

• de 0 à 4 mois (4 incisives, 3 prémolaires, dont la troisième est trilobée),

• au 4e mois, la 1re molaire apparaît

• de 10 à 12 mois, une 3e molaire (trilobée) apparaît,

• de 12 à 14 mois, les prémolaires remplacent les laits (la 3e prémolaire définitive est bilobée)

• à 15 mois, la denture est complète (32 dents, dont 4 incisives, 3 prémolaires, 3 molaires).

• La mâchoire supérieure est normalement dépourvue d’incisives, mais chez certains sujets une voire deux canines "reliques" apparaissent (vestiges d’anciennes défenses encore présentes chez le cerf (on les appelle crochets ou fleurs de lys).

 

Appellations et espèces voisines

Le chevreuil mâle est appelé brocard. Lui seul porte des bois, mais il les perd à l'automne. La femelle du chevreuil est la chevrette. Elle ne porte jamais de bois (une vieille chevrette stérile est appelée bréhaigne). Le jeune chevreuil s'appelle le faon (jusqu'à 6 mois), puis chevrillard (de 6 à 12 mois), et daguet (dans sa seconde année).

 

Il existe trois sous-espèces :

• Capreolus capreolus pygargus (en Sibérie et à l'est de la Russie européenne) aussi appelé Chevreuil de Sibérie. Ce voisin présente une taille supérieure à celle du capreolus capreolus.

• Capreolus capreolus bedfordi (Nord de la Chine et Corée)

• Capreolus capreolus capreolus (Europe de l'Ouest et Asie Mineure)

 

En français canadien, le mot chevreuil peut désigner aussi le cerf de Virginie.

 

Répartition, aire vitale et habitat

La répartition actuelle du chevreuil diffère probablement de son écopotentialité. Elle subit toujours l'influence du milieu, mais aussi celle de la disparition ou forte régression de ses prédateurs (hormis l'homme) et de l'agrainage, celle d'autres sources artificielles de nourriture et d'oligoéléments (pierres à sel...).
Son écologie, son aire vitale et de sa chorologie font encore l'objet d'études. C'est un des éléments de la chorologie (l'étude explicative de la répartition géographique des chevreuils et de ses causes).

Le chevreuil fréquente surtout des régions ayant une densité de 50 % de feuillus et 50 % de conifères. Le chevreuil est présent en Europe et en Asie où il peut atteindre 20 à 30 têtes pour 100 hectares, avec risques fréquents de déséquilibres sylvo-cynégétiques.

Il vit dans des milieux variés : bois, forêts de feuillus ou de conifères, bosquets à végétation herbacée variée ou clairières. Les taillis sous futaie avec espaces dégagés lui sont favorables. On le trouve aussi dans des champs et des prairies, ainsi que dans des parcs et réserves fauniques. Il est sédentaire, sauf dans la période du rut où le mâle se déplace pour aller féconder le plus grand nombre de femelles sur son territoire. Ses mœurs sont surtout crépusculaires, mais il est aussi visible en plein jour. Il peut vivre en solitaire, par couple ou en groupes familiaux (hardes) composés d'une ou plusieurs femelles et de leurs faons. En général, les troupes de 10 à 15 têtes se forment seulement en automne et en hiver. En dehors du rut, les mâles sont plutôt solitaires. Excellent coureur et sauteur, le chevreuil nage aussi très bien, mais il ne choisit cette option que lorsqu'il y est obligé ou lorsqu'il est menacé. En présence d'un danger, les faons sont souvent « abandonnés » provisoirement par les femelles. Plus âgés, au cours de la fuite, ils suivent leur mère.

Bien que cette espèce soit réputée très sédentaire, le radio-pistage a montré en France qu'au sein d'un même territoire (réserve de Chizé en l'occurrence)

– pour une aire vitale observée pour la durée totale de vie d'un chevreuil

– le domaine vital de chaque chevreuil peut significativement varier d'une année sur l'autre : chez les chevreuils suivis sur plusieurs années par Pèlerin (2005), le recouvrement d'une année sur l'autre était d'environ 60 % pour chaque individu (source thèse, page 88/2902). En présence de grands prédateurs, il est probable que cette variation serait plus importante.
De plus, les chevrettes âgées peuvent diminuer leur aire vitale, probablement grâce à « l'expérience acquise par rapport à leur territoire et la connaissance des patches alimentaires riches au fil des mois » (Pèlerin citant Stamps 1995, Dzieciolowski et al. 19986, Stamps et Krishnan 1999, Gautestad et Mysterud 2005).

 

Régime alimentaire

Il consomme des plantes mais peut aussi consommer des bourgeons, feuilles et jeunes branches d'arbres (ces dégâts sont dits « abroutissements », pour les distinguer des frottis qui sont un marquage du territoire).
 

C'est un animal réellement forestier, dont le système digestif digère peu ou mal les foins et graminées sèches qui sont les plantes les plus fréquentes en milieu non forestier (sauf au printemps et sauf dans certains milieux cultivés)9. Néanmoins, depuis quelques décennies, les chevreuils ont modifié leurs comportements et se font nombreux et fréquents dans les champs où ils profitent notamment des cultures d'hiver.
 

La diminution de la présence humaine en milieu rural, liée à l'exode rural et à la mécanisation agricole, pourrait avoir favorisé ce phénomène, de même que le recul des prairies et du bocage.

 

Au printemps et en été, le chevreuil consomme en forêt les feuilles de nombreux arbres feuillus (chêne, charme, érable, cornouiller...), beaucoup de graminées, et quelques dicotylédones. En hiver, il consomme les ronces, la bruyère callune, le lierre sur les troncs et quelques autres végétaux ou champignons. Il mange aussi des glands, des faînes, et parfois n'hésite pas à consommer certaines cultures d'hiver (luzerne notamment). Friands de sel, les chevreuils lèchent les blocs de sel dès leur mise en place par les chasseurs qui peuvent ainsi fixer une population.

 

 

Comportement

Depuis les plans de chasse et l'agrainage qui l'ont beaucoup favorisé, et en l'absence de prédateurs naturels, le chevreuil est devenu le mammifère herbivore sauvage le plus commun en forêt, dans de nombreux pays de l'hémisphère nord.

 

Il reste pourtant très discret. Ses populations sont donc difficiles à dénombrer, d'autant qu'il est essentiellement forestier.

 

S'il s'approche volontiers des habitations proches des lisières tôt le matin ou la nuit, il fuit le contact de l'homme et est gêné par des dérangements répétitifs.

 

Sa musculature et son système circulatoire sont adaptés à la fuite immédiate et aux bonds lui permettant de franchir les clôtures basses et les buissons en une fuite rapide en forêt dense ou au milieu des ronciers, mais s'épuise rapidement à la course en milieu ouvert.

 

Vitesse de déplacement

es chevreuils ont une morphologie adaptée à la course et aux bonds. Ils ont une musculature sèche, concentrée près du corps avec de longues pattes fines et légères.

 

Leurs sabots frêles sont serrés et très pointus, idéals pour la course.

 

Ils peuvent bondir jusqu'à 1,75 mètres de haut, et jusqu'à 6 mètres en longueur.

 

En cas de danger, ils peuvent courir extrêmement vite, jusqu'à une vitesse de 90 km/h, mais sur une courte distance (la vitesse maximale de l'espèce, a été enregistrée par un chevreuil mâle, qui a atteint 98 km/h en pointe sur 100 mètres, avec une vitesse moyenne de 72 km/h sur 700 mètres).

 

Ils peuvent également courir moins vite mais sur une plus longue distance. Ils courent beaucoup plus vite que leurs prédateurs, cependant en l'absence de loups et de lynx dans nos régions, ils se déplacent moins et sont moins musclés.

 

Un chevreuil entrainé aux sprints, est aussi rapide qu'une gazelle de Thomson.

 

Comportement social

Il est grégaire et peut former des groupes de plus de 10 individus en milieu ouvert en hiver.

 

La cellule sociale de base du chevreuil est matriarcale, associant une chevrette et sa progéniture de l’année (jusqu’au 10e-11e mois, après quoi les jeunes sont repoussés par la femelle).

 

L'adulte est sédentaire en forêt sur un territoire enforesté de 30 à 60 voire 100 hectares, qu'il conserve durant toute sa vie.

 

Comme le cerf élaphe, il passe environ 50 % de son temps à se reposer et dispose donc de réseaux de zones de repos sur son territoire.

 

Il exploite aussi occasionnellement les abords des forêts.
 

L'adulte communique surtout par des postures, et à distance par un cri dit aboiement parce qu'il évoque un aboiement de chien, alors que le faon émet de faibles piaulements.
 

Certains individus plus aventuriers migrent et s'intègrent dans d'autres groupes, entretenant la diversité génétique des populations locales au sein de métapopulations régionales, à condition que les forêts ne soient pas trop isolées les unes des autres par des phénomènes d'insularisation écologique et de fragmentation écopaysagère.


Son comportement est modifié en l'absence de prédateurs naturels (loup, lynx) ; il se déplace moins et est moins musclé.

 

Comportement territorial

Chez les mâles, il est caractérisé sept mois par an (de février à août) par une activité de marquage hormonal et/ou odorant du territoire, par 
« frottis » et « grattis » (on parle de « régalis » quand un frottis est associé à un gratti).

Ce comportement pose problème pour la régénération forestière là où les populations sont denses. Une étude a porté en France sur des plants de chêne sessile de 3 ans exposés au chevreuil en conditions contrôlées (avec suivi de l'état des arbres durant 3 ans).

Après trois ans, 39 % des plants étaient morts (c'est plus que le taux naturel de mortalité qui est élevé chez les jeunes chênes). 51 % ont eu une perte de hauteur importante par rapport à leur hauteur initiale (supérieure à 20 cm) et 10 % seulement se sont normalement développés (comme les plants témoins non « frottés »). Cette étude a également montré que les blessures faites au printemps (montée de sève, feuilles plus fragiles..) sont deux fois plus importantes, « à comportement égal du chevreuil ».
Ces résultats pourraient être tempérés par deux éléments qui restent des hypothèses, à ce jour non scientifiquement démontrées (mais qui ne semblent pas avoir fait l'objet d'études) :

• Plus les chevreuils sont nombreux, plus ils tendent à marquer leur territoire ;

• Les chevreuils semblent plus activement marquer leur territoire là où ils sentent l'odeur de l'homme (et des chiens ?), leurs dégâts étant alors amplifiés sur les plants issus de pépinières puis replantés en forêt, ou dans les parcelles fortement gérées par l'homme. Néanmoins leurs dégâts ne peuvent être niés là où ils sont très nombreux (la clôture d'une parcelle suffit à y favoriser fortement la régénération naturelle).


Pour limiter les dégâts sur les arbres, les forestiers demandent aux chasseurs de respecter un « équilibre sylvo-cynégétique » qui n'est pas toujours consensuel. Les forestiers ne veulent pas non plus se priver des chevreuils qui font partie de l'écosystème forestier et qui, avec les autres "grands gibiers", contribuent au revenu de la forêt souvent à hauteur de 50 % environ, voire plus.

 

Reproduction

• En période de rut (du 15 juillet au 15 août), les mâles ont un comportement territorial spécifique : ils frottent leur bois contre des arbres, déposent la sécrétion odorante de leurs glandes frontales et grattent la terre. Avant l'accouplement, le mâle qui suit une femelle emprunte souvent un itinéraire circulaire dit « rond de sorcière » (à ne pas confondre avec les ronds de champignons également dénommés rond de sorcière) ou ayant la forme d'un 8 parfois.

 

• L’œstrus de la chevrette ne dure que 36 heures environ.

 

• La gestation dure 280 jours, soit 9 mois et demi ; après la fécondation, l'embryon ne se fixe par « gestation différée » qu'au bout de 4 mois, fin décembre-début janvier.
La gestation directe dure 5 mois, soit au total 41 semaines (soit 9 mois 1/2 ou 280 jours). Cette étape particulière s'appelle la dia-pause embryonnaire.

 

Leurs faons seront mis bas en mai-juin.

• La portée comprend en moyenne 2 petits (de 1 à 3). Une femelle pesant moins de 20 kg ne peut pas mettre au monde de faons[réf. nécessaire]. En revanche, plus la femelle est lourde plus elle a de chance de mettre au monde un nombre conséquent de faons. Chaque faon pèse de 1 à 2 kg à la naissance. L’allaitement dure de 2 à 3 mois (jusqu’au 15 novembre). Le sevrage est achevé au 5e ou 6e mois (en octobre-novembre).
Le jeune s’émancipe à la fin de la 1re année de vie. La maturité sexuelle survient dès la seconde année de vie.