La Pie bavarde (Pica pica), est l'une des grandes espèces de corvidés les plus connues.

 

Elle est aussi connue sous le nom d'ageasse ou agasse (dialecte poitevin), agache (en picard) ajaça (occitan limousin) dans le sud-ouest de la France, ou encore d'agace (agaça) en Provence.

 

Les pies peuvent aisément être identifiées grâce à leur morphologie et à leur plumage noir et blanc caractéristique. Il existe 13 sous-espèces de pie bavarde.

 

Comportement

Comme pour beaucoup d'autres espèces dites "banales" et proches de l'Homme, bien que cet oiseau ait été très commun dans toute l'Europe, qu'il ait imprégné l'imaginaire collectif (contes, chansons, histoires et anecdotes) et qu'il présente, comme tous les corvidés un intérêt éthologique manifeste en raison d'importantes facultés d'apprentissage et d'adaptation, il a peu été étudié avant les années 1980 où une importante monographie (« The magpies ») a été publiée par Tim Birkhead (1991).

 

Locomotion

Son vol semble parfois incertain (en feston) mais en ligne droite ; sa marche est un peu saccadée, avec souvent la queue levée et par succession de petits bonds.

 

Régime alimentaire

La pie bavarde est omnivore : son régime alimentaire peut varier, mais est essentiellement constitué :

• d'invertébrés (vers, limaces, insectes...) qui constituent plus de 80 % de l'alimentation des jeunes et des adultes (Balança 1984), et près de 100 % de celle des poussins ;

• de fruits et graines diverses ;

• d'œufs (pris dans les nids de passereaux) ;

• de poussins d'autres oiseaux (2 % du régime alimentaire au printemps/été) ;

• détritus d'origine humaines (surtout en ville, où elle a parfois appris à percer les sacs poubelles) ;

• charognes (ex : animaux écrasés sur les routes) ;

• petits vertébrés, occasionnellement (petits rongeurs, dont le campagnol, lézards : moins de 1 % des proies) ;
La proportion de ces aliments varie selon leur disponibilité dans le territoire de chaque pie. Elle mange essentiellement au sol, et des proies animales en été. Une hypothèse est qu'elle pourrait profiter des gazons régulièrement entretenus et des basses strates dégagées des parcs urbains, en bénéficiant de proies plus visibles et accessibles, mais ceci n'est pas confirmé.

 

Impacts en termes de prédation

Plusieurs études ont suggéré, en milieu rural, que la croissance des populations de corvidés (corneilles surtout) aurait pu contribuer au déclin des oiseaux nichant au sol ou dont les nids ouverts sont facilement attaqués.

 

À l'encontre des autres corvidés, la pie, quant à elle, montre une dextérité remarquable pour se faufiler dans les haies et buissons épineux denses (aubépine, prunellier...) où elle cause des ravages dans les nids de passereaux inféodés à ces milieux (fauvettes, gobe-mouches, mésanges, chardonneret, rouge-queue noir, bouvreuil pivoine, pies-grièches...).

 

Ainsi, en milieu rural, en période de reproduction et donc de prédation envers les passereaux, on peut observer un couple de pies, à moins de 500 m de son nid, « ratisser » systématiquement de bout en bout une haie d'épines de 100 à 300 m de long ou parcourir de branche en branche tout le volume d'un buisson épineux à la recherche de couvées ou nichées.

 

La pression de prédation pourrait être plus forte en ville en raison de la fragmentation du milieu.

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